Aaaahh… les madeleines… sacré Marcel !
hé oui, souvenez vous, Marcel Proust, l'inventeur du "blind test"… goûtez, devinez !
Ce cher Marcel prend 2 bouchées de madeleine, et c'est toute son enfance qui resurgit. Sa tante Léonie, Illiers, le bruit de la pendule, la cour de recré, la bite au cirage, les punitions corporelles de l'instituteur (qui eurent une grande influence sur la sexualité du personnage)… aaah, l'enfance.
ferddie_proustSi Marcel Proust revenait aujourd'hui, ses madeleines lui rappellerait au mieux qu'il prèfère le pain de mie, au pire, qu'il faut qu'il arrete de les acheter au supermarché local… et puis de toutes façons, avec l'évolution des moeurs, Marcel Proust, avec sa fine moustache, se ferait appeler Freddie Mercury, porterait des pantalons de cuir moule-bite, et passerait ses soirées dans les back rooms du Dépôt, célèbre lieu de perdition nocturne parisien, à élargir le cercle de ses amis…






Ma madeleine à moi…
Il y a quelques jours, alors que je fouillais dans le capharnaüm des photos de famille de mes parents, je retrouvais de nombreuses images, et revinrent alors à ma mémoire des souvenirs familiers je revois ma blouse noir, lorsque j'étais charbonnier. d'abord souvenirs douloureux : moi en aube de communiant (ça fait des trucs bizarres dans le bas du ventre), entouré des mes frères et de ma soeur, et de Franck et Christophe, nos 2 meilleurs amis, tous deux disparus aujourd'hui… Je zappais donc rapidement sur d'autres photos, plus gais, et là, je découvrais ma Madeleine. Bon, il faut dire que je l'ai attendu, ma madeleine…  pour l'emmener au cinéma.

Elle avait une drôle de forme : 4 roues, un grand coffre, elle était suédoise et toute rouge-bordeaux… elle, c'était le vieux break volvo de mes parents. Ou plutôt devrais-je dire Les breakS volvo de mes parents, puisque Père et Mère avaient chacun le leur… c'était du temps des grandes heures, celle des courses du samedi aux "Trois Quartiers", celle ou père travaillait du gaz soporifique dans une jolie clinique privée… En voyant cette photo, j'ai repensé aux vacances dans le sud, à bauduen, au bord du lac de sainte croix. Nous partions tôt le matin (14 h) affronter des heures durant les embruns et la houle dangereuse de ce joli lac de 14km sur 5… je revois encore père sur le pont, la barre à la main (si je puis dire…), la pipe entre les lèvres, hurlant aux hommes d'équipages les manoeuvres à effectuer. toujours à la limite, sur le fil du rasoir, notre fidèle voilier encaissait sans broncher les creux de 30 cm qui se fracassaient contre sa coque. Le soir, éreintés par ces heures de navigation périlleuse, nous nous rendions à la taverne locale, sorte de boui-boui rempli de pirates et de jeunes filles à la jambe légère et à la vertu aussi grosse que l'estomac d'un bébé du Darfour, et là, dans la lumière vacillante de quelques bougies, nous commandions au taulier un tonneau de cervoise fraîche. Quelques heures plus tard, Père était toujours là, la barre, bien qu'un peu molle, toujours à la main, debout sur la table, à hurler des chansons qu'il avait appris lors de ses études, en salle de garde. Tard dans la nuit, enfin, sa voix se faisait moins forte ; puis, après quelques éructations porcines, il s'affalait bruyamment sur le comptoir.
Le lendemain, la tempête était passé, et Père se perdait dans de grandes réflexions, des heures durant. Des heures pendant lesquelles, bien sûr, il n'était pas question de faire le moindre bruit, sous peine de, pour reprendre son expression "s'en prendre une dans la gueule". 
Alors, nous marchions sur des oeufs (faut vraiment rien avoir à foutre) et chuchotions des heures durant, jusqu'au moment où Père décidait qu'il était temps de reprendre la mer.

volvo